Colloque international - Migrations entre frontières et accueil : récits des voies méditerranéennes et d’ailleurs

Saison 7 des journées d’étude Saint-Denis, territoire de migrations ? Chercheurs/chercheuses, actrices et acteurs locaux en dialogues


En mettant en lien des actions de recherche, de formation et d’engagement social, l’organisation de cet événement scientifique international sur la question des migrations naît de la volonté de prendre position collectivement, chercheurs, chercheuses universitaires et citoyens/citoyennes engagés, contre les nouvelles formes de déshumanisation du lien social. Face à un défi social immense, il a été choisi de travailler pendant ces deux journées, sur la tension structurelle entre les notions de frontière et d’accueil au prisme des récits : récits de celles et ceux qui migrent, récits de recherche, enjeux discursifs narratifs.
 
La frontière est un lieu (Agier) qui détermine une géographie de l’espace réduite désormais à une topographie administrative créant des non-lieux, fruits des politiques dites de « gestion » et de « régulation » des « flux migratoires », politiques d’exclusion ou au mieux d’inclusion différentielle (Mezzadra), résultant d’enjeux socio-géo-politiques globaux. L’exil, la condition d’être « hors du sol », se transforme en errance, atopos, niant aux sujets les droits fondamentaux de l’homme et les privant ainsi d’une place dans le monde (Arendt). La frontière ne délimite pas seulement des espaces, mais également, dans une dimension symbolique et imaginaire, des corps, dessinant ainsi une topologie des liens à l’autre. C’est dans une perspective pluridisciplinaire que cette notion sera abordée, et c’est dans une approche ouvrant à des pratiques multiples, différentes et critiques, que la question de l’accueil sera traitée. Le terme d’accueil a été choisi pour marquer un temps d’arrêt et de réflexion critique permettant de mettre au travail l’idéal d’hospitalité inconditionnelle, un horizon utopique politique nécessaire. Dérivé du latin colligere (cueillir), ce terme permet de souligner la dimension d’action, celle qui donne du sens à une pensée, celle qui met un concept à l’épreuve, celle qui engage et nous engage. C’est dans ce sens d’un lien nécessaire entre pensée et action, recherche et engagement que le troisième terme entourant la question des migrations est le terme récit.
 
Récits de chercheurs et chercheuses, praticiens et praticiennes qui écoutent, observent et agissent, et qui travaillent à retisser une histoire là où elle a été effacée, oubliée ou décontextualisée. Récits de celles et ceux qui ont dû traverser des frontières. Le récit doit être entendu comme un espace de recherche, mais également comme un lieu de parole, une expression d’une voix toujours singulière, une forme narrative autre que l’injonction juridique de production d’un récit « crédible ». 
 
Le titre comprend également une dimension spatiale, représentée par les termes « voies méditerranéennes et d’ailleurs ». Cette dimension fondamentale des processus migratoires est entendue ici de façon plurisémantique et symbolique. Elle inclut non seulement la géographie des parcours, mais aussi les espaces d’existence tels que la langue, les espaces hospitaliers qui constituent des abris ou encore les espaces inhospitaliers de déshumanisation.
 
Ce colloque s’inscrit dans les événements de la Saison Méditerranée, à l’honneur cette année en France, dont la thématique centrale est celle des migrations. La Méditerranée est une ligne bleue qui dessine un horizon autre, mais pour beaucoup, c’est une frontière, scène d’une tragédie qui se joue sous nos yeux.
 
Organisation :
  • CIRCEFT
  • LIAGE
  • LER
  • LIA
15 octobre 2026 : 08h30 - 19h00

16 octobre 2026 : 08h30 - 19h00

Maison de la recherche - Amphithéâtre MR002

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